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Nadège Winter

Nadège Winter est une concept woman. Elle a des idées par milliers et met tout en œuvre pour les réaliser. Non, mieux, elle les réalise ! Le lancement du Palais de Tokyo, le festival de musique Big, l’image de Colette, la marque de fringues Amish Boyish, le média online Twenty Magazine, c’est elle. Avec la collaboration de personnes sympathiques et créatives, de celles qui donnent la main quand on saute dans le vide. Nadège a beaucoup sauté, très souvent rebondi, et quand elle raconte son histoire, on sent bien qu’on n’est pas près de la chute. Grâce à un optimisme sans failles, une liberté profonde, une intuition en béton et un sens de la fête acéré, tout ce qu’elle touche se transforme en bonheur. Pas de raison d’arrêter.
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Quand tu étais enfant, quel métier rêvais-tu de faire ?
Petite fille, je voulais être chanteuse, styliste de mode ou sauveuse de dauphins.

Penses-tu encore exercer un de ces métiers un jour ?
Chanteuse, ça reste toujours un fantasme. Je pense que sauver les dauphins c’est râpé, malheureusement ! Styliste de mode aussi en fait. Mais ce n’est pas du tout un regret, parce que ce que je fais aujourd’hui me va vraiment bien. À travers mes différents métiers, j’ai toujours balancé entre cette envie d’être dans la création et celle d’aider, d’accompagner les gens, les artistes. Je me suis toujours dit que je n’avais pas le droit d’être une artiste. Mais aujourd’hui, grâce aux outils et aux systèmes à disposition, n’importe qui peut se prétendre artiste. Donc ça veut dire quoi, créer ? Il faut peut-être que je désacralise cette fonction d’artiste et sois moins inhibée par rapport à ça.

Si tu n’avais pas le droit d’être une artiste, qui (au pluriel) t’es-tu autorisée à être ? d’être ?
J’ai fait des études de droit pour rassurer papa-maman en me disant qu’au bout de ma maîtrise, je me spécialiserai en propriété littéraire et artistique. Pour aller sauver les artistes ! J’ai très vite arrêté, fait quelques stages dans des maisons de disques, et je suis devenue label manager chez Delabel. J’ai sauté dans le vide et atterri dans le milieu créatif. Mais du côté marketing. Au bout de 5 ans, j’ai eu envie de toucher à l’image de la musique. Chez Partizan, boîte de prod de clips et de pubs, je suis devenue productrice. Encore un nouveau métier à apprendre !

Quelques temps plus tard, je suis tombée sur un article annonçant l’ouverture prochaine d’un centre d’art contemporain à Paris. Le Palais de Tokyo semblait correspondre à une sorte de maison idéale pour moi. Après avoir répondu à une annonce parue dans Libé, et vécu la fameuse expérience des 4 ou 5 entretiens, je suis devenue directrice de la communication du Palais. C’était fantastique ! On était une petite équipe et il y avait une vraie complicité avec Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud, les directeurs. L’expérience de lancement d’un tel lieu avec carte blanche, d’un point de vue professionnel, c’est hyper fort.
Et puis au bout de 2 ans, Sarah “Colette” me dit que l’attachée de presse du concept store s’en va et qu’elle a pensé à moi pour la remplacer. On met en place des nouveaux rendez-vous, des expos, des fêtes comme cette soirée green écolo avec un panda qui faisait un lap dance !
En parallèle, j’étais chroniqueuse presse et télé. En fait, dès qu’on m’appelait pour un truc, je ne pouvais pas m’empêcher de dire “d’accord, je vais essayer”. Avec des amies journalistes on a lancé Green Kiss, un blog qui parle de mode éthique et met en avant des projets innovants, engagés mais cool. J’ai aussi un peu mixé, un peu chanté… beaucoup tatonné !

Après 7 ans chez Colette, j’ai eu besoin de continuer à raconter une histoire, mais cette fois la mienne. Je suis donc partie pour monter ma boîte, NW Agency. On y fait du conseil auprès des marques, de la stratégie de communication et d’image. Je peux être à la fois directrice de création, faire de l’accompagnement en écriture, créer des chaussures… J’ai par exemple lancé l’événement Brunch Bazar pour animer les week-ends à Paris et avec mon compagnon -en amoureux de musique et du pays basque- on a même monté un festival de musique à Biarritz.

Depuis longtemps, j’avais aussi l'idée de créer une marque de fringues réversibles, qui se porteraient de manière chic ou boyish. C'est comme ça, qu'avec Dyane de Serigny, on a créé Amish Boyish. Une super expérience qui m’a montré que quand tu te lances dans un projet qui demande d'apprendre un nouveau métier, si tu ne fais pas ça toute la journée, tu ne peux pas le faire. Dans la théorie du slash, il y a aussi certains sujets que tu ne peux pas mener de front, c’est une bonne leçon.

Aujourd’hui, à plus de 40 ans, la transmission est un sujet qui me tient à cœur. Tout ce que j’ai appris, tout ce que j’ai fait, il va falloir le partager et porter des valeurs d’espoir. Les millenials sont créatifs et plein de richesses, c’est ce qu’on veut montrer à travers Twenty Magazine, avec Delphine de Canecaude (mon associée sur ce projet). C’est une plateforme digitale sur laquelle les 16-25 ans peuvent s’exprimer et partager. On y scrute le monde à travers leurs yeux tout en sourçant du talent, de l’énergie. Cette génération a besoin de nous autant qu’on a besoin d’elle. Twenty, c’est dans la continuité de tout ce que j’ai fait et voulu faire. Je ne vais pas sauver des dauphins, mais je vais soutenir des millenials.
 
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« Dès qu’on m’appelait pour un truc, je ne pouvais pas m’empêcher de dire “ok, je vais essayer” ! »
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De toutes les casquettes dont tu viens de nous parler, laquelle préfères-tu porter ?
Aujourd’hui, quand j’essaye de résumer mon parcours, je dis que je suis une raconteuse d’histoires. Des histoires qui ont toutes du sens, même si l’une est une fête, l’autre de l’image, la suivante un vêtement… Ma casquette préférée, c’est storytelleuse, celle que je porte par dessus toutes les autres.

Tes meilleures rencontres ont-elles été des coups de foudre ou des coups d’un projet ?
Je développe beaucoup de choses à l’instinct, à l’émotion, donc au coup de foudre. Il m’est arrivé de faire des erreurs d’association aussi, dans des cas où il y avait peut-être trop d’atomes crochus perso et pas assez de complémentarité business.

Quels sont les choix les plus importants que tu as dû faire ?
Je n’ai pas le souvenir de cas de conscience ou de prise de tête qui dure 10 jours. À chaque fois que j’ai filé ma démission, j’ai ressenti un peu d’angoisse, évidemment. Mais je souffre tellement plus dans un endroit où je ne me sens plus assez inspirée, que je ne me pose pas tant de questions que ça pour faire le choix de sauter dans le vide. En fait, le choix le plus important, c’est d’assumer d’être soi-même, ça ne sert à rien de lutter.

Quels sont tes bagages pour partir à la recherche de l’espoir ?
La curiosité avant tout. Un optimisme forcené aussi. L’impossible n‘existe pas, je ne le mettrai donc jamais dans ma valise. Je vois aussi l’espoir par le prisme du divertissement, de la fête, le fait de vouloir rendre le monde joyeux. Enfin, le dialogue avec les millenials. Ce sont eux l’espoir, eux qui fabriquent demain, et si on ne les aide pas, demain n’existera pas.

Quels conseils donnerais-tu à l’adolescente que tu étais ?
D’avoir moins peur, d’être moins sage, de faire plus d’erreurs, d’oser dire “non” plus souvent. Bon, je ne sais pas si je serai capable d’accepter que ma fille me dise non...

Faut-il suivre la mode pour avancer ?
Non, il faut suivre son cœur ! La bonne réponse bâteau ! La mode ne veut évidemment rien dire, puisque tout se déconstruit dans la minute. Le plus important, c’est d’être en phase avec soi et de se donner les moyens de fabriquer ses ambitions, sa propre mode. On a parfois l’impression d’être à contretemps avec le reste du monde, mais si l’on est bien dans son axe, les planètes finiront par s’y aligner.

Quels sont tes projets à court et long terme ?
Pour le moment c’est Twenty Magazine, avec beaucoup d’histoires à développer à l’intérieur de ce grand projet. Gros challenge ! Et du côté personnel et créatif, j’aimerais écrire, chanter aussi, toujours. Continuer à fabriquer des tas de choses ! La multiplicité des projets n’est pas un danger, ce qui craint, c’est de ne pas aller au bout de ces projets. Il ne suffit pas d’avoir des rêves ou des idées, tout le monde en a, mais ce qu’il faut c’est les délivrer.
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« Si l’on est bien dans son axe, les planètes finiront par s’y aligner. »

Son kit slash

  • Nadège Winter
  • Sa boost song /

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  • Nadège Winter
  • Sa destination
    pour faire le
    point /

    Destination
    The Dune Hotel, à Pondichéry. Ou le fond de mon lit.
  • Son livre
    de chevet /

    Destination
    Bonjour Tristesse, de Françoise Sagan
  • Son compte instagram
    d'inspiration /

    Destination
    Impossible de ne citer qu’un compte, je me promène non stop sur des comptes d’inspi artistique, graphique, mode...
  • Son MOOC /

    Destination
    Le cursus général pour apprendre sur tout et Pimp Mon Anglais pour améliorer l’anglais de mes enfants en rappant.

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